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| 18/01/2008
JF Houle
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Chez lui, au Québec, la neige ne manque pas mais les montagnes sont ridiculement petites. Alors JF a appris le ski dans les rues de sa ville. Portrait d'un éminent personnage de la scène québecoise. |
Nom : Jean-François Houle Surnom : JF Home : Québec, Canada Age : 20 ans Métier : skieur freestyle
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Agoride : Pourquoi le ski freestyle ? JF Houle : Oh, je ne sais pas. Je crois que j'ai toujours aimé faire l'idiot, faire des cascades dans les jardins publics. J'ai toujours été un peu kamikaze. Je pense que ça vient de là.
A : Comment as-tu découvert ce sport ? JF Houle : Chez nous au Québec, il y a eu JP Auclair et les 3 Phil (Larose, Dion et Bélanger). Ces types ont fait beaucoup pour le ski freestyle au Canada. Ils ont donné envie à des milliers de kids, dont je fais partie, de pratiquer ce sport. Et puis il y a eu aussi mon grand frère qui faisait du snowboard. Moi, je voulais continuer à évoluer sur des skis mais sa pratique du snow m'a beaucoup influencé.
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A : Quel est le parallèle entre les deux sports ? JF Houle : Pour moi, les deux sont quasi identiques, si ce n'est qu'on évolue de face et sur deux planches. Sinon, la plupart des tricks sont les mêmes. En kickers bien sur, mais surtout sur les rails. C'est d'ailleurs ma spécialité et dans ce domaine, je m'inspire énormément des snowboarders.
A : Pourquoi avoir choisi cette spécialité ? JF Houle : C'est pas vraiment un choix, c'est simplement dû au fait que chez moi, au Québec, les montagnes sont toutes petites et les pentes pas très raides. Par contre, il y a beaucoup de neige dans nos villes. Alors on se retrouve souvent à y rider et à exploiter l'environnement urbain.
A : Et les autres disciplines ? JF Houle : Il y a le park et le backcountry. Les figures sont les mêmes mais l'approche est très différente. En park, les transitions sont généralement très longues et te permettent de bien te préparer. En backcountry par contre, tu es obligé de t'adapter à ce que tu trouves. C'est souvent plus technique. Par contre, les réceptions sont plus moelleuses.
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A : Quelle description du ski freestyle pourrais-tu donner ? JF Houle : Pour moi, c'est avant tout un mode d'expression. Le ski freestyle te permet d'innover avec tes skis dans la manière d'exploiter l'environnement. C'est un sport très ouvert où rien n'est imposé. C'est à toi d'inventer.
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A : Qu'est-ce qui te plaît dans ce sport ? JF Houle : D'abord, d'évoluer dans un environnement privilégié, et puis ensuite, les sensations uniques qu'on éprouve lorsqu'on reste plusieurs secondes dans les airs. Par exemple, l'année dernière à la Clusaz lors du Candide Invitational, ils avaient construit une énorme bosse. Les locaux l'avaient baptisé « la Grosse Bertha ». Elle faisait environ 40 mètres de long et on se retrouvait à 15 mètres de hauteur. C'était le plus gros kicker que j'avais jamais vu. Beaucoup hésitaient à la sauter et je l'ai prise en 900 en atterrissant vraiment loin. Ce fut l'un des meilleurs feelings de toute ma vie. J'ai ressenti quelque chose d'exceptionnel, j'ai eu l'impression de voler. Sur les longs rails, c'est une sensation très différente mais c'est bon aussi.
A : A quoi pense-t-on avant ce genre de saut ? JF Houle : Tu es comme dans une bulle. C'est un étrange mélange d'excitation et de concentration maximale. Très tôt, il faut penser à la réception pour anticiper le plus possible l'endroit exact où l'on veut atterrir. Par contre, il ne faut évidemment jamais penser à la chute car dans ce cas, c'est sûr que tu vas à l'accident.
A : Et la peur ? JF Houle : Il peut aussi y avoir de la peur, c'est vrai. Justement à la Clusaz, lorsque j'ai vu la Grosse Bertha pour la première fois, et avant que je ne voie quelqu'un sauter sur ce monstre, j'ai eu vraiment peur. Je trouvais ça trop gros. Je me disais, non, je ne sauterai jamais ça. Et puis en voyant passer les riders les uns après les autres, j'ai eu le feeling et j'y suis allé.
A : Quel plaisir retires-tu de ton sport ? JF Houle : Le soir, après une grosse session, je me sens fier de moi et heureux d'avoir accompli le but que je m'étais fixé. On est heureux et d'avoir repoussé ses limites. C'est tout bête mais c'est une forme d'autosatisfaction.
A : Et ton métier ? JF Houle : D'un point de vue professionnel, le ski m'a permis de voyager et de découvrir des endroits exceptionnels où je n'aurais probablement jamais eu la chance d'aller si je n'avais suivi ce parcours. C'est un métier qui m'a apporté une multitude d'expériences inoubliables. Je ne peux pas imaginer ma vie si je n'avais pas découvert le ski.
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