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Sécurité - part 1
Ski 20/03/2002 Sécurité - part 1
Gros gros dossier sécurité sur Agogo. Chapitre 1 : quelques notions de nivologie pour mieux comprendre la structure de la neige.

Vous n’êtes pas sur Arte et pourtant ! Etalé sur quatre semaines, nous vous proposons un dossier complet sur la neige, les avalanches, et bien entendu, la sécurité. L’occasion, s’il est encore besoin de le rappeler, que le freeride ne se pratique pas sans un minimum de connaissances de la montagne. 1er épisode ; quelques notions essentielles de nivologie, ou comment le manteau neigeux réagit aux différents environnements météorologiques.
Attention aux chutes de neige récentes
Il existe trois types de conditions météorologiques qui aggravent particulièrement le risque d’avalanche : les chutes de neige, le vent et les hausses de températures. Nous allons nous arrêter ici sur l’influence de nouvelles chutes de neige car, à partir de 25 cm de neige fraîchement tombée, le risque d’avalanche augmente.

La neige récente met en effet un certain temps pour se tasser, se stabiliser, et se lier à la couche qui est en dessous. De plus, la neige fraîche est relativement fragile. Des avalanches se produisent donc particulièrement dans les jours qui suivent les chutes de neige. C’est pour cette raison que le déclenchement artificiel des avalanches (à l’aide d’explosifs) est effectué de façon préventive dans les stations de sports d’hiver.
 
L’instabilité de cette neige récente dure en général quelques jours, mais peut perdurer plus d’une semaine, principalement en décembre et janvier (quand il fait froid !). Il semble en effet que plus la saison avance, plus la durée de stabilisation diminue.
Les périodes qui suivent les chutes de neige ont une activité avalancheuse accidentelle importante. Attendez donc quelques jours après une chute de neige de plus de 25 cm, pour aller faire vos traces dans la profonde.
 
Comment la température influence-t-elle le risque d’avalanche ?
Vous avez peut-être déjà entendu dire, un jour, "le froid stabilise la neige", et remarqué que, quand il fait chaud, la neige a une tendance certaine à fondre, et les avalanches à se produire. La réalité n’est pas tout à fait aussi simple...

Le froid qui fait suite à une chute de neige a pour effet de prolonger l’instabilité de la neige récemment tombée en ralentissant le tassement de la neige fraîche. Il faut donc attendre, après une chute de neige, d’autant plus longtemps qu’il fait plus froid, pour voir la neige fraîche se stabiliser.

Si ce froid persiste, il va être à l’origine de la transformation des cristaux de neige initiaux en couches de grains anguleux, sans cohésion (les fameux gobelets). Et quand la couche de gobelets sera recouverte par d’autres couches de neige, le risque d’avalanche deviendra particulièrement élevé. L’image souvent évoquée est celle d’une couche de neige reposant sur des "roulements à billes".
 
D’un autre côté, une température positive provoque l’apparition d’eau liquide dans les couches supérieures du manteau neigeux, par fonte. Cette eau s’infiltre vers le bas grâce aux espaces qui existent entre les grains de neige. Tant que la quantité d’eau dans la neige n’est pas très importante, l’eau a tendance à maintenir les grains les uns contre les autres (effet "ventouse"). Par contre, si cette quantité d’eau augmente, la neige devient humide, voire mouillée, elle donne au manteau neigeux une consistance pâteuse, qui l’empêche de rester sur une pente : l’avalanche a alors une forte probabilité de se produire.
 
Attention le vent a soufflé
Le vent joue en effet un rôle très important en transportant la neige, d’un endroit exposé au vent, vers une zone à l’abri du vent. Au même titre que les nouvelles chutes de neige ou les hausses de température, le vent est un facteur qui aggrave le risque d’avalanche. Son action est double : il agit sur les cristaux de neige et sur la répartition de la neige au sol.

Au cours de son transport par le vent, le cristal de neige subit des transformations : les parties les plus fragiles se brisent à cause des chocs des cristaux les uns contre les autres. Les propriétés des grains qui en résultent sont donc modifiées. Une couche de neige déposée par le vent va ainsi avoir des caractéristiques particulières et avalancheuses au passage de skieurs. Contrairement à ce que pensent de nombreuses personnes, la neige transportée par le vent n’est pas toujours dure, et peut même être poudreuse.
 
Le deuxième effet du vent est qu’il accumule la neige dans des zones à l’abri du vent, qui se trouvent parfois en des endroits inattendus. Les quantités de neige peuvent alors être très importantes. On peut donc avoir une faible épaisseur générale de neige, et localement de grosses accumulations, qui seront donc potentiellement instables. Ce sont les fameuses plaques à vent, à l’origine d’environ 80 % des accidents d’avalanche.
 
Attention, le risque d’avalanche évolue
dites-vous bien une chose : vous ne faites pas le poids ! Le manteau neigeux est constitué de la superposition des différentes couches de neige qui recouvrent le sol. Et la stabilité de cet empilement dépend de deux paramètres : d’une part la qualité des liaisons entre les différentes couches, et d’autre part la qualité des liaisons entre les grains de neige à l’intérieur d’une même couche. Mais attention, la neige évolue : elle n’est pas un matériau inerte.
En effet, les conditions météorologiques provoquent des transformations des grains de neige qui constituent les différentes couches, et qui sont à l’origine de leurs propriétés physiques, donc de leur stabilité. Or les conditions météorologiques évoluent en cours de journée, en fonction de la pente considérée. Par conséquent, le risque d’avalanche est lui aussi variable, dans l’espace et dans le temps. De plus, même si les conditions météorologiques n’ont pas changé de façon sensible (nouvelles chutes de neige, vent ou réchauffement), elles ont pu modifier les caractéristiques des grains. La stabilité de l’ensemble a donc également pu changer. Par conséquent, un manteau neigeux stable peut devenir instable et vice-versa, même en l’absence de changement remarquable de la météo. C’est pour cette raison qu’il faut se tenir informé de l’estimation des risques d’avalanches, à chaque fois que l’on part en montagne.
 
Au printemps, partez et surtout rentrez tôt
avalanche de printemps Nous avons déjà vu que la présence d’eau (liquide) dans le manteau neigeux, à partir d’une certaine quantité, est un facteur favorable au départ des avalanches. La neige prend en effet un comportement pâteux, et a du mal à rester en place sur les pentes. Cette eau provient, soit de la pluie, soit de la fonte de la neige de surface du manteau neigeux. Au printemps, les températures peuvent être relativement importantes, même en altitude. Par ailleurs, vous savez qu’il fait plus chaud à midi qu’à six heures du matin, tout comme il fait plus chaud en avril qu’en décembre.
D’autre part, le soleil se lève plus tôt : à 10 h, les pentes Est sont exposées au soleil depuis beaucoup plus longtemps qu’en janvier. Enfin, les grains de neige humide (les "grains ronds") réfléchissent nettement moins l’énergie du soleil que les grains de neige peu évolués. Ils absorbent donc mieux cette énergie, qui les réchauffe plus vite et provoque donc leur fonte. Le risque d’avalanche de neige humide augmente ensuite rapidement au cours de la journée, et ce, dès la fin de matinée sur les versants Est. Mieux vaut alors rentrer suffisamment tôt pour ne plus être en montagne aux heures les plus chaudes de la journée.
 
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