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Les guides face à la sécurité
Ski 04/05/2001 Les guides face à la sécurité
La sécurité en montagne nécessite-t’elle une réglementation stricte. Un problème épineux auquel répondent les guides de Chamonix.
Vous aurez compris que Chamonix n’est pas une station forcément adaptée à la pratique pépére de la planche à neige. Les pentes sont plutôt escarpées et le fond de vallée est à contrario plutôt plat. Il n’est donc pas fortuit que la station ait rapidement mis l’accent sur le domaine hors piste immense et les itinéraires de haute montagne. Pour mémoire, le fameux Bureau des Guides de Chamonix fut créé en 1821, c’est dire si la pratique de la haute montagne est devenu plus qu’un héritage culturel dans la Vallée Blanche, comme l’attestent les natifs du pays telle la famille Charlet, ou les snowboarders Cretin, Rhem, abonnés à l’extrême-riding. Petit à petit, l’économie s’est en parti articulé autour de cette spécificité et la station offre aujourd’hui un service efficace aux amoureux de la nature à l’état sauvage et aux touristes en mal de sensation. Escalade, randonnée à ski et itinéraires de haute montagne sont les principales activités proposées. L’encadrement est assuré par des guides confirmés, avisés par plusieurs années de formation rigoriste, qui, peut-être plus ici qu’ailleurs, se sentent concernés par le problème de la sécurité.


Enak Gavaggio s’en sortira bien Ce sujet est en effet au cœur des négociations ces dernières années entre les pouvoirs public et les pratiquants de la montagne qui ne veulent pas voir leur espace de jeu légiféré par des réactionnaires plus enclins aux solutions coercitives qu’au dialogue. Le dialogue est d’ailleurs un des chevaux de bataille des organisations d’exploitants et pratiquants de la montagne. Ainsi le président du Bureau des Guides, Xavier Chappaz, rappelle qu’il milite pour une montagne accessible à tous : " Ce n’est pas parce que certains sont inconscient qu’il faut interdire la montagne à tout le monde. On ne va pas empêcher les autres de profiter des plaisirs qu’on s’octroie à nous. " En effet, les incidents récurrents survenus en hors piste ces dernières années poussent la préfecture à tenter de légiférer au maximum l’espace naturel. Mais comme le rappelle un responsable concerné par le sujet: " En cherchant à légiférer, la conséquence est la provocation d’accidents plus nombreux qu’aujourd’hui parce que cela accrédite auprès d’un public non averti l’idée que l’on peut assimiler la montagne à un stade. Quelques soient les normes édictées, les risques ne baisseraient pas parce que la montagne est un terrain naturel sur lequel le respect d’une règle n’a pas d’emprise. Les risques ne seront limités que par la connaissance accrue du milieu. Et personne ne peut prétendre maîtriser totalement l’espace naturel. "


Malgré cette discorde, de part et d’autre, on insiste sur la nécessité d’informer les utilisateurs de la montagne, seule manière de prévenir efficacement les risques liés à la pratique puisque celle-ci s’apparente plus à une activité extérieure qu’à un sport : " Les activités de pleine nature ont une spécificité : le plaisir que le pratiquant tire de la confrontation avec le milieu naturel. Par exemple, l’alpinisme ne sera jamais un sport mais plutôt une aventure. Les risques liés à sa pratique sont strictement du à des erreurs d’appréciation, des erreurs humaines. Le danger venant uniquement de ces erreurs. " Le salut pourrait venir de la constitution d’un organisme de prévention et de réflexion, même si on connaît la lenteur de ce genre d’initiative, c’est peut-être la seule façon d’opposer une alternative à la restriction ou l’interdiction de la montagne.


Et c’est dans cette direction que semble se diriger les professions de la montagne sous cette hypothèse au conditionnel: " il faudrait aussi qu’un comité (par exemple le Comité National des Activités en Pleine Nature) rassemblant les pratiquants, les responsables de la gestion des espaces naturels tels les parcs et les collectivités territoriales (les maires) permettant des réflexions globales sur les pratiques sportives en montagne et sur l’impact que ces pratiques ont sur le milieu. Le but ne serait pas de réglementer mais d’édicter des règles éthiques et des préconisations ouvrant un dialogue entre les acteurs et pratiquants. C’est seulement comme cela que les risques peuvent être prévenus efficacement. "


Propos recueillis par Chris Alonso et Pierre-Francois Loiseau
 
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