|
Lorsqu'un événement promet monts et merveilles et qu'au final, il propose un spot tout juste ridable, nous sommes les premiers à le souligner. Et Dieu sait qu'on ne s'est pas faits que des amis ainsi. Mais pour une fois, et cela fait tellement plaisir, une station française a su nous étonner et proposer des modules de grande qualité. Cette station, c'est La Clusaz. Chapeau bas. |
Tout commence par une session l'hiver dernier, sur le spot de Balme. Un énorme step-up a été construit à la pelle et Candide Thovex y shoote avec Lionel Géhin, pour leur prochain film ; Rastafaride 2. Les deux zozos auraient sûrement préféré rester isolés mais la session devient tellement engagée, qu'au bout d'une demi-heure, le spot est noir de monde. Femmes, enfants, vieux, touristes, gros, petits, moustachus, et même les rouges... tous viennent se poser le long du spot pour applaudir l'idole des jeunes. L'histoire fait tant de bruit qu'elle arrive jusqu'aux oreilles de l'office du tourisme. Ainsi naquit l'idée de l'événement.
|
| |
Rendez-vous est pris, une année après cette fameuse session vidéo aura lieu le premier le Candide Thovex Invitational. Le concept : deux jours de ride sur le domaine de Balme où Candide invitera quelques uns des meilleurs skieurs et snowboarders de la scène actuelle. Pas de jugement, de classement ni remise des prix, mais un troupeau de filmers et photographes installés aux cinq coins du spot. Le spot : un slope style, ou plutôt un puuuuu-'tain de slope style géant mis en place par le service des pistes. De mémoire commune, on a du mal à se rappeler d'un quelconque équivalent construit pour un événement dans ce pays...
|
| |
|
|
|
| |
|
Pour une fois qu'une station française met en oeuvre de « vrais » moyens pour offrir un spot digne de ce nom, ça vaut la peine de le souligner. D'autant que ce slope style ne ressemble à aucun autre. On n'a pas vu une seule table, et on ne peut pas même parler de snowpark. Une bonne demi-douzaine de step-up, un énorme hip, des gaps en veux-tu en voilà, des dômes naturels... En fait, les machines n'ont fait qu'exagérer et peaufiner la forme des reliefs naturels de Balme ridés toute l'année par les locaux. Les riders ont adoré. Les filmers et photographes également. D'un point de vue visuel, le spot est magnifique.
|
| |
Samedi, le temps est nuageux. Chacun vient prendre ses marques et redescend assez tôt. Mais en début de soirée est organisée une session jib sur le front de neige. Quatre très beaux modules : une barre à rock au dessus d'un petit quarter, une table avec un rail montant en guise de kicker, une main courante fixée au milieu de marches taillées dans la neige, et enfin, une grosse barre de quatre mètres fixée sur le toit d'un camion, et accessible grâce à un kicker très couillu. (Si vous ne comprenez pas tout, c'est pas grave, vous n'avez qu'à mater la vidéo, c'est fait pour ça).
|
| |
|
|
|
| |
|
En ski, on retrouve Candide, Laurent Favre, Baptiste Collomb-Patton, Gigi Couttet, Arnaud Kugener, Séb Lounis, Woody Booma, Mickaël Moh, Jean-Laurent Ratchel ainsi que pas mal de locaux. Comme d'habitude, Candide ouvre le rail sur le toit du camion. Le spot est chaud et toute slam est sévèrement punie, mais au bout de quelques minutes, tout le monde y est familiarisé et le public s'enflamme. Candide est chez lui et gravement motivé. Il déchire les modules les uns après les autres. D'autres sont bien chauds aussi, notamment Laurent Favre, hallucinant de style et d'aisance.
|
| |
En snow, le ride est encore plus technique et seuls quatre riders parviennent à le maîtriser : Laurent Gougain, Simon Favier, Nico Bache et Stéphane Routin. Une fondue aux cèpes plus tard, et tout le monde se retrouve au concert de ragga. Jamaïcain, avec Chukky Star, mais aussi ragga local avec Larry Beck, snowboarder local de son état, et artiste plein de talent de qui sait faire bouger son monde. (Vous connaissez la musique de Rastafaride 1 et 2... et bien c'est lui).
|
| |
Dimanche matin, il fait grand beau. Le spot est énorme et intimide certains. Mais il est aussi très safe et rapidement, tout le monde fait péter haut et fort. On retrouve tous les skieurs d'hier soir, plus tous les snowboarders locaux. On regrette seulement qu'il n'y ai pas plus de riders. Le run s'étale sur plus de 2500 mètres et on s'ennuie parfois à attendre de voir du ride. Mais 2003 reste la première édition de cet événement et les organisateurs doivent prendre leurs marques. Il existe une place à prendre pour un bel événement de ski français, ou plutôt jusqu'avant ce week-end, il existait.
Photo vignette : Christoffer Sjostrom
|
| |
|
|